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Jean Jacques Goldman
De parents immigrés juifs qui sont arrivés en France en 1924 et 1933 Jean Jacques Goldman est né le 11 octobre 1951, dans le 19è arrondissement de Paris.
Fils d'Alter Mojze Goldman, né en 1909, à Lublin (Pologne), qui fut un acteur majeur de la résistance juive en France et qui décéda en décembre 1988, quelques semaines après avoir reçu la légion d'Honneur pour son rôle pendant la seconde guerre mondiale et de Ruth Ambrunn, née en 1922, à Munich (Allemagne), Jean Jacques est le troisième de quatre enfants :
Avant lui, un grand demi-frère, Pierre né le 22 juin 1944, révolutionnaire assassiné en 1979 puis une grande sœur, Evelyne, née en 1950, actuellement médecin. Ensuite vient Jean Jacques puis enfin Robert né le 6 juin 1953, son associé depuis toujours.
Enfant, il apprend le violon, la guitare, l'orgue, et exerce ses talents de chanteur dans la chorale de l'église de Montrouge, les Red Mountain Gospellers. Mais c'est grâce à son premier groupe, les Phalanster, qu'il découvre sa voie.
Nous sommes en 1968 et cette formation connaît un certain succès en tournant dans les bals et les boîtes de nuit. La consécration a lieu au célèbre Golf Drouot, salle de spectacle prisée dans laquelle débutèrent les Dutronc, Hallyday et Eddy Mitchell !
Mais il est encore trop tôt pour parler de gloire... Jean-Jacques continue ses études, obtient son baccalauréat en 1969, et quitte Paris pour Lille, où il prépare le diplôme de l'EDHEC, grande école commerciale, qu'il quittera en 1973, pour retourner à Paris.
En attendant, Jean-Jacques utilise ses moments de liberté pour travailler sa guitare et écrire ses premières chansons. L'été, il quitte le continent pour se lancer à l'assaut des Amériques, du Nord comme du Sud. Il "trace sa route", aventurier solitaire, et apprend la vie.
Après un bref passage par l'armée de l'air et son service militaire de 1974 à 1975, Jean-Jacques retourne vivre à Paris, riche de ses années d'expérience et de travail musical.
Entre divers petits métiers et le magasin familial, il enrichit son répertoire. La même année, il découvre Ferré sur scène avec son groupe expérimental Zoo. Ce rock progressif sonne comme une révélation pour le jeune homme en pleine recherche créatrice.
En 1975, Khanh Mai et Tai Sinh, deux frères vietnamiens, ont de grands projets musicaux. Khanh est ingénieur du son, et Tai est employé de banque. Leur duo surnommé Mousson, leur permet de remporter un championnat musical d'Ile de France. Malgré ça, les portes des maisons de disques restent désespérément closes.
Tai et Khanh décident de fonder un nouveau groupe qu'ils appellent Tai Phong ("grand vent" en vietnamien). Ils passent une petite annonce dans l'hebdomadaire musical le plus en vogue, Melody Maker. Deux musiciens répondent à l'annonce mais partiront au bout de six mois, obnubilés par leurs envies de gloire.
Au cours d'une soirée chez des amis communs, Tai et Khanh rencontrent Jean-Jacques. Le courant passe immédiatement entre eux. Jean-Jacques, effacé mais tout aussi capable, musicalement parlant, que ses deux prédecesseurs dans le groupe, n'a pas de problème d'ego. Jean-Alain Gardet, qui habite dans le même immeuble que Jean-Jacques, est en préparation HEC. Il a une formation jazz classique, et joue des claviers. Jean-Jacques le persuade de rejoindre le groupe.
Les répétitions ont lieu chez Khanh, et le groupe pose les bases d'un rock symphonique à la manière des Genesis de la même époque. Mais le batteur ne donne pas satisfaction, et est remercié. Quelques jours plus tard, ils rencontrent Stephan Caussarieu, un batteur de jazz qui a tout juste dix-huit ans, qui vient de passer quatre ans dans la classe de Kenny Clarke.
Tout en conservant leur activité professionnelle (Jean-Jacques travaille dans un magasin Sport 2000 que gère son frère Robert à Montrouge), Tai Phong répète le soir et les week-ends, de manière très consciencieuse et très professionnelle. Leur première maquette est acceptée par plusieurs maisons de disques. Le groupe n'en revient pas !
Le premier album sort en 1975, et s'appelle, sobrement, Tai Phong. Le premier extrait, Sister Jane, connait un véritable succès sur les ondes et dans les discothèques. L'album contient six titres, dont un, Goin' away, écrit et composé par Jean-Jacques. Un autre 45 T, qui contient des titres qui ne figurent pas sur l'album (If you're headed north for winter, écrit par Jean-Alain Gardet, et Let us play, écrit par Jean-Jacques Goldman), sort parallèlement.
Rock 'n Folk voit en Tai Phong "l'espoir du rock made in France". Ils doivent cependant essuyer des critiques parce qu'ils ne chantent pas en français. Eux rétorquent qu'ils sont européens, pas spécifiquement Français. Ils font un passage remarqué à la télévision. Jean-Jacques fuit les fans qui demandent des autographes, et nie être le chanteur de Tai Phong devant les clients du Sport 2000 qui le reconnaissent.
Les semaines et les mois passent et Jean Jacques consacre de plus en plus de temps à la chanson. C'est ainsi qu'il a écrit en quelques mois plus d'une vingtaine de chansons en français, et présente des maquettes aux maisons de disques.
Une fois le groupe séparé, Jean-Jacques installe chez lui un mini studio et compose, encouragé par sa femme Catherine. Le succès est rapide. Dès 1981, Goldman propose Il suffira d'un signe à la maison de disques Epic.
Ce 45 tours est un tube, le premier d'une longue série. L'album intitulé sobrement Jean-Jacques Goldman sort la même année et fait découvrir au public un être discret, talentueux, à la voix particulière et aux textes convaincants.
Les tubes Quand la musique est bonne et Comme toi, issus de son deuxième album sorti en 1982, confirment le talent de Jean-Jacques dans l'écriture et la composition.
Récompensé par le Diamant d'Or de la Chanson française et propulsé au rang de star, le chanteur entame en 1984 une première tournée. La scène n'est pas le fort de cet homme timide et réservé, mais la communion avec son public est extraordinaire.
Pour vivre heureux, vivons cachés...
Le fruit de cette passion est Positif, un album sorti en 1984 qui s'arrache comme des petits pains, avec pour fers de lance: Envole-moi, Encore un matin ou Long Is The Road.
Les Enfants du Rock consacrent une émission spéciale à Jean-Jacques Goldman. Quelques mois plus tard, Jean-Jacques fait la couverture du magazine musical Paroles et Musique. Pourtant, cette même année, Patrice Delbourg "l'assassine" dans L'événement du Jeudi avec "Jean-Jacques Goldman est vraiment nul" ; quelques jours plus tard, Marie Muller n'est pas en reste dans Le Nouvel Observateur avec son Plaidoyer pour Goldman. Quelques années plus tard, lorsque jean Jacques sortira son best of "Singulier", ces articles de journaux figureront à l'intérieur du petit livret accompagnant cette double compilation, une sorte de pied de nez de la part du chanteur envers tous ses détracteurs. La carrière de Goldman est lancée… Après avoir demandé à Renaud de retoucher le texte, Jean-Jacques accepte de participer à l'enregistrement de S.O.S. Ethiopie. Cet enregistrement est suivi du concert des Potes à la Concorde le 15 juin, et d'un autre à la Courneuve le 13 octobre. A cette occasion, Jean-Jacques chante Je marche seul en duo avec Daniel Balavoine.
En mai sort Je marche seul, accompagné d'un clip qui souligne les qualités créatrices de Bernard Schmitt.
Courant septembre 1985, "Non homologué" entre directement à la première place du classement des ventes d'albums en France. Un million deux cent mille exemplaires se vendent en un an. Je te donne, un duo en français et en anglais avec Michael Jones, reste huit semaines n° 1 du Top 50 ; ce succès donne à Goldman l'idée du trio Fredericks-Goldman-Jones.
Coluche vient le voir à l'issue d'un concert et lui demande d'écrire une chanson pour les Restos du Coeur. La chanson est écrite par Jean-Jacques en une nuit et restera à tout jamais l'hymne des restos du coeur.
Jean-Jacques débute sa tournée au Zénith du 3 au 20 décembre. Bien qu'aucune publicité n'ai été faite autour de ces concerts, les spectacles se jouent à guichet fermé. Le 15 décembre, Johnny Hallyday vient sur scène chanter Toute la musique que j'aime en duo avec Jean-Jacques.
Jean-Jacques commence à écrire des chansons, qui pour la plupart, sont des duos ou des trios. Il continue ses nouvelles compositions et fait part de son projet de trio à Michael Jones, puis Carole Frédericks. En novembre sort le premier trio, Nuit, sous le nom de Fredericks - Goldman - Jones. L'album, qui contient dix titres, sort début décembre. Rouge, sorti en 1994, épouse parfaitement l'esprit Goldman: chanté avec le choeur de l'Armée Rouge, le titre phare est un hymne à l'amour, au respect de l'autre, et un clin d'oeil à l'histoire. Jean-Jacques ne renie jamais ses appartenances politiques nettement à gauche, en hommage sans doute à ses parents communistes, et à son demi-frère Pierre, révolutionnaire assassiné en plein coeur de Paris en 1979.
Jean Jacques travaille, travaille et ne cesse jamais d'aider les autres. De nombreux artistes lui font appel les uns après les autres ainsi Céline Dion qui n'avait à son actif que quelques 45 T et un passage remarqué au grand prix eurovision avec le titre "Ne partez pas sans moi" demande à Jean Jacques un petit coup de pouce. Celui-ci lui écrit un album "D'eux" et le premier extrait "Pour que tu m'aimes encore" sort. C'est une déferlante, c'est la révélation de Céline Dion qui devient désormais une star mondiale, car l'album se vend dans le monde entier. Aux Victoires de la Musique, Pour que tu m'aimes encore, devient chanson de l'année, et D'eux est album francophone de l'année. Céline Dion sort un album en anglais, Falling Into You, sur lequel on peut retrouver trois adaptations en anglais de titres écrits par Jean-Jacques : I don't know (Je sais pas), If that's what it takes (Pour que tu m'aimes encore) et Fly (Vole). Quelques mois plus tard sort un album live de la tournée française de Céline, Live à Paris, sur lequel figurent plusieurs titres de Jean-Jacques, dont deux duos avec leur auteur : Les derniers seront les premiers et J'irai où tu iras.
Les années passent et les choses évoluent. Dans les années 80, à l'origine du projet "les Enfoirés", les chanteurs acceptaient de faire partie de l'aventure si jean Jacques dit "fabriquant de tubes" leur écrivait une chanson. Les mentalités ont changé et cette troupe grossit et reçoit désormais beaucoup d'artistes, du milieu de la chanson mais aussi de l'humour, du théâtre et également des sportifs. En 1996 sort "Les Enfoirés La compil". En fin d'année, c'est au tour de La soirée des Enfoirés 96, dont le spectacle a eu lieu quelques mois plus tôt. Cette soirée réunit Nathalie Baye, Jocelyne Béroard, Jane Birkin, Carole Bouquet, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Julien Clerc, Gérald de Palmas, Céline Dion, Princesse Erika, Carole Fredericks, Jean-Jacques Goldman, Michael Jones, Marc Lavoine, Yves Lecoq, Michel Leeb, Les Innocents, Philippe Lavil, Alain Lanty, Thierry Lhermitte, Mimi Mathy, Maurane, Karen Mulder, Yannick Noah, Pierre Palmade, Vanessa Paradis, Jean Réno, Muriel Robin, Véronique Sanson, Alain Souchon, Patrick Timsit, et Ophélie Winter.
Nouvelle collaboration, nouveau succès : C'est la sortie d'Aïcha, que Jean-Jacques a écrit pour Khaled. Sur l'album Sahra, qui sort quelques mois plus tard, figure un autre titre de Jean-Jacques, Le jour viendra.
Malgré ses réticences initiales, Jean-Jacques, dont aucun album studio n'est sorti depuis près de trois ans, accepte que Sony Music mette sur le marché un best of, intitulé Singulier. Ce double CD contient, outre tous les "tubes" de Jean-Jacques Goldman, les chansons plus intimes qui lui tiennent plus à coeur. Parmi les 34 titres, on en trouve plus d'une demi-douzaine dont la version était jusque lors inédite. C'est le cas, notamment, de Elle attend. Avec ce titre, Jean-Jacques réussit même à avoir six versions différentes : la version de la maquette (jamais sortie), la version de Non homologué, la version de "En public", la version de Singulier, la version radio pour promouvoir Singulier, et la version acoustique du clip vidéo.
Juste à temps pour Noël, Carole Fredericks sort un album solo, Springfield, où se mélangent blues et gospels. L'album est édité chez JRG, la maison d'édition de Jean-Jacques. La plupart des textes sont signés par Carole Fredericks. Jean-Jacques a composé deux musiques, pour Change et Jesus in me, le trio Arzel / Benzi / Veneruso se partageant le reste des compositions.
Jean Jacques prend grand plaisir à travailler pour "les autres" mais se cache souvent sous un pseudo, ce qui le permet d'échapper aux journalistes et aux médias. Après avoir vendu des millions d'albums et su échapper à toutes les modes, Goldman, anti-star au coeur immense, est une figure incontournable de la chanson française.
Au cours des années 90 sort l'album "En passant", nouveau carton, ce qui ne manquera pas d'alimenter les critiques : On accuse Goldman de vendre des albums non pas pour leur qualité mais parce que c'est Goldman qui les sort. Peu importe, une tournée a lieu et encore une fois les places se vendent à une vitesse exceptionnelle ; la tournée sera donc effectuée à guichet fermé. Sortira le livre "98 En passant" qui, traditionnellement se vendra comme des petits pains. Discrètement, le style Goldman s'est imposé dans la chanson française de ces années 80-90. A cinquante ans, si Jean-Jacques change de vie (il se remarie avec Nathalie, de 28 ans sa cadette, le 13 octobre 2001 à Marseille), rien n'ébranle la carrière de cet auteur sensible et tendre. Jean Jacques continue à travailler pour de nombreux artistes mais ne perd pas le goût de chanter. C'est ainsi qu'il sort un nouvel album "Chansons pour les pieds", véritable exercice de style musical (tout y est abordé, de la valse à la techno), sorti en novembre 2001, quatre ans après En passant.
Les années 2000 passent et Jean Jacques ne cesse de travailler tout en restant à l'écart de la presse people. Lorsqu'il écrit pour les autres, il signe d'un pseudo pour rester discret et effacé ; on avait connu "Sam Brewsky" sur le titre de Patricia Kaas "Il me dit que je suis belle", eh oui, Sam, c'était bien notre Jean Jacques. Sa vie amoureuse reste des plus discrètes et se refuse de la mélanger à sa vie d'artiste. Ne doutons pas de la suite des événements, un jour il reviendra sur scène ou en studio pour notre plus grand plaisir comme il l'a fait en 4 mots récemment aux côtés de Patrick Fiori et Christine Ricol…
achevé de rédiger le 3 mars 2008
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Akocomment V. 1.4.6 Adapted by SPI
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