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Manu Chao, de son vrai nom Jose-Manuel Thomas Arthur Chao est né le 21 juin 1961 à Paris. C'est un chanteur et musicien français d'origine espagnole et bilingue, devenu une figure majeure du rock français et de la musique latine avec son ancien groupe Mano Negra. Il accomplit depuis plusieurs années une carrière internationale à succès en solo ou accompagné de son nouveau groupe Radio Bemba ; il lui arrive aussi de collaborer avec de nombreux autres artistes.
Sa mère, Felisa, est originaire du Pays basque espagnol et son père, Ramón, originaire de Galice, est écrivain et journaliste à RFI Amérique latine; Ramón Chao a reçu une formation de pianiste classique. Ses parents avaient fui la dictature de Franco et s'étaient installés à Paris. Il a un frère Antoine, né en 1959 ; c'est quand nait Manu que la famille emménage dans la banlieue parisienne, à Boulogne-Billancourt puis Sèvres.
En 1971, le père Ramón initie ses fils au piano, instrument qu'ils abandonnent au profit de la guitare pour Manu et la batterie pour Antoine. Manu entre au conservatoire. Il passe la plupart de son temps avec son cousin "Santi" (Santiago Casariego) avec qui il partage les mêmes goûts musicaux : Chuck Berry, Little Richard, Otis Redding… Les parents de Manu écoutent eux des disques de musique latine rapportés d'Amérique Latine par le père de Ramon Chao. À 18 ans Manu Chao obtient le baccalauréat français et s’oriente vers la musique.
En 1976, avec Antoine à la trompette et Santi à la batterie, ils intègrent les Joint de Culasse, groupe dont le répertoire est avant tout constitué de reprises de standards du rock'n'roll des années 50.
Fortement influencé par la scène punk britannique (The Clash, etc.), mais également par Chuck Berry, Bob Marley ou encore Camarón de la Isla, Manu Chao forme en 1984 un groupe de rockabilly anglo-hispanique, les Hot Pants (nom tiré d’une chanson de James Brown), avec Santi à la batterie, qui sort une démo contenant « Mala Vida » et d'autres titres en 1984, ainsi que l'album "Loco Mosquito" en 1986.
En 1986, Manu, son frère Antoine (qui joue à cette époque avec les Chihuahua), et quelques uns de ses amis (dont François Hadji-Lazaro, leader des Garçons Bouchers et de Pigalle, et Alain des Wampas) forment ensuite Los Carayos, groupe de rock alternatif. Il prend un temps le pseudonyme d'Oscar Tramor, titre d'une de ses chansons (inspirée de Busca Otro Amor d'Irma Serrano) racontant l'histoire d'un toréador alcoolique et malchanceux, sur l'album Persistent et signent des Carayos.
Il participe aussi, de façon plus ou moins importante, dans d'autres groupes tels Joint de culasse, Casse-pieds puis enfin Kingsnakes.
En 1987, les frères Chao et leur cousin, Santiago Casariego, forment la Mano Negra (du nom d’une organisation de guérilleros sud-américains trouvé dans une BD, qui elle-même tire son nom de l'organisation terroriste andalouse du XIXe siècle La Mano Negra). Le groupe sort une nouvelle version de « Mala Vida », qui devient un tube en France, suivie d'un premier album, « Patchanka ». La Mano Negra est devenu l'un des groupes français majeurs et a commencé à jouer en Amérique du sud avec l'aventure de la troupe d'artistes de rue Royal de Luxe.
Depuis la séparation du groupe en 1994, Manu Chao a entrepris une carrière solo, avec notamment des tournées en Amérique du Sud. Il chante en espagnol, français, galicien, portugais, anglais, arabe et en wolof.
Après la séparation de la Mano Negra en 1994 lors de la dangereuse et éprouvante traversée de la Colombie en train, Manu Chao continue à voyager à travers l'Amérique du Sud et un peu en Afrique, notamment au Sénégal.
Ne voyant plus les membres de la Mano Negra, le chanteur s'entoure vite de nouveaux amis à travers les villes et les pays qu'il traverse, enregistrant petit à petit de nouveaux sons, mélangeant de nouveaux styles.
À l'époque où il vivait à Rio de Janeiro, Manu Chao, s'était tourné vers ce qu'il appelle lui-même de la « Techno hardcore », à ce moment, il décide d'enregistrer Clandestino, un disque techno, même si ses amis et sa famille lui disent alors que cette musique techno n'est pas toujours très appropriée. Manu Chao s'entête, jusqu'à ce qu'un bug informatique supprime tous les rythmes technos du disque. Manu, lui-même n'en revient pas, dépouillée et moins chargée, la musique de Clandestino apparaît beaucoup plus prenante et sincère. C'est après de nombreuses retouches, avec l'aide de Renaud Letang (ingénieur du son qui a déjà travaillé avec Alain Souchon) que Manu Chao sortira ce disque acoustique. Eux-mêmes, considéraient alors ce disque comme un OVNI musical qui ne s'écoulerait sûrement qu'à 20 000 ou 50 000 exemplaires. Qu'importe, Manu Chao déclare s'être fait plaisir, il a sorti ce qu'il voulait. Cependant, il restera prudent jusqu'au bout, déclarant encore quelques jours avant la sortie du disque, en avril 1998, que « Clandestino est juste une maquette », le jugeant très personnel et intimiste.
Mais à sa grande surprise, le disque est un succès et la notoriété de Manu Chao dans le monde musical prend un tour nouveau avec la sortie de ce qui est son premier album solo. Clandestino devient une des références majeures de la musique latine de la fin des années 1990.
Avec ce disque, et malgré le fait que le public français était déjà habitué au rock déjà très métissé de Manu Chao par l'intermédiaire de la Mano Negra, le public fut surpris de découvrir le chanteur dans un registre plus intimiste, plus mélancolique et plus latino-américain, un virage déjà pris avec la Mano Negra sur leur dernier album : Casa Babylon qui annonçait, en fait très clairement, Clandestino.
Véritable carnet de route, l'album Clandestino mélange tour à tour, reggae, rock, musique latine traditionnelle, rumbas, rythmes brésiliens, le tout entrecoupé de petits textes radiophoniques dont un extrait du discours du sous-commandant Marcos. L'album connaîtra un fort succès en France, en Espagne, en Italie et en Amérique du Sud. Les titres les plus célèbres sont « Je ne t'aime plus », « Bongo Bong », « Clandestino », « Desaparecido », …
L'implication latino-américaine prise par Manu Chao à travers ce disque est telle que beaucoup d'hispano-américains ne savent toujours pas que Manu Chao est français.
Écoulé à plus de 3 millions d'exemplaires, le disque est un succès, malgré les refus initiaux de plusieurs radios nationales françaises de programmer Clandestino, trouvant que « les chansons ne rentraient pas dans leur format ». Manu Chao est désormais un artiste international reconnu. Il vit alors à Barcelone et répète beaucoup avec son groupe Radio Bemba.
La suite de ce Clandestino sort en juin 2001, sous le titre de « Próxima Estación: Esperanza » reprenant la recette musicale de Clandestino. Manu Chao sort un album qu'il n'hésite pas à qualifier lui-même de petite sœur de Clandestino.
Cependant, le disque est plus joyeux, moins amer et mélancolique que le précédent, agrémenté des cuivres et des trombones du Sicilien Roy Paci. Le disque donne une impression de fête, mélangeant à nouveau le reggae, la musique latine, le rock et même un soupçon de jazz.
Un titre ressort véritablement de ce disque, c'est Denia, une chanson algérienne composée et écrite par Manu où on retrouve le célèbre chanteur kabyle Idir et où les deux hommes chantent la douleur de ce pays « Cette vie est hantée de mensonges, Pauvre Algérie, Mon cœur palpite de tes regards, Pauvre Algérie ».
Certains fans sont déçus d'un album qui ressemble trop à Clandestino, reprochant par ailleurs que certaines chansons passent « trop » à la radio (« Me gustas tu »). Manu Chao déclare qu'il s'en fiche, il comprend ce qu'on lui reproche mais lui a juste voulu se faire plaisir.
Après ces deux albums, Manu Chao continue de se produire sur scène avec son groupe, Radio Bemba, à travers le monde. La musique du groupe rompt totalement avec l'esprit acoustique des deux albums et Radio Bemba se rapproche plus de la Mano Negra que de Manu Chao : les rythmes sont rapides et efficaces, les voix fortes, le son est puissant et les accords des chansons sont différents. De plus la musique de Manu Chao se trouve sublimée par la présence du jeune chanteur rastafari Bidji, alias Lyricson.
Le succès est tel que Manu Chao sort en septembre 2002 un disque live, Radio Bemba Sound System, enregistré à Paris à la Grand halle de La Villette)en septembre 2001. Là encore, c'est une surprise et un véritable succès pour cet album live d'une qualité musicale indéniable, une référence dans la scène musicale française, Manu Chao confirme la réputation qu'il traine depuis les années 80, il est fait pour la scène.
Les chansons mélancoliques de « Clandestino » et « Próxima Estación : Esperanza » sont entièrement revisitées à la sauce punk, rock, reggae, salsa, le résultat est détonnant.
Suivra ensuite en décembre 2002 un DVD Babylonia en Guagua dans lequel on retrouve un live (qui est la version vidéo du disque Live, avec quelques changements), un documentaire sur la tournée 2001, trois autres petits films personnels sur Manu Chao dont un qui relate sa présence à Gênes en Italie en 2001, et où l'on constate l'ambiance des manifestations lors du G8.
Manu Chao revient en automne 2004, avec un livre-CD paru uniquement en librairie et en kiosque, distribué à seulement 150 000 exemplaires, rapidement épuisé. Le livre-CD s'appelle Sibérie m'était contéee. À l'origine, Manu ne devait sortir que le livre qui correspond à un recueil de poésies en français, habillées par les dessins de Woźniak, dessinateur polonais. Puis, Manu Chao déclare s'être rapidement fait rattraper par l'envie de mettre ses textes en chansons, le résultat : un livre de 132 pages de dessins et de poésie, accompagné d'un CD de 23 chansons.
C'est la première fois que Manu Chao sort un disque complètement en français : la musique et les chansons sont plus sombres, évoquant la relation de Manu Chao avec ce que lui même a surnommé sa "Sibérie" : Paris. Il y parle également de son amour profond et douloureux pour les femmes qu'il a rencontrées tout au long de sa vie, des sans-abris, de la disparition de son ami Helno (le chanteur des Négresses Vertes), mais aussi de l'espoir, de ses rêves... Presqu'en même temps que sort ce CD-livre, sort aussi un album que Manu Chao produit et réalise, c'est l'album : Dimanche à Bamako d'Amadou et Mariam. Se qualifiant comme un fan d'Amadou et Mariam, Manu Chao est vraiment heureux de l'amitié qu'il a avec ce couple, lui permettant de tourner avec eux au Mali et surtout de figurer sur ce disque, futur succès de l'été 2005. Manu Chao les accompagne sur scène, durant quelques dates, chantant les succès de l'album et une chanson en brésilien pour son fils qui vit au Brésil.
Manu Chao n'hésite d'ailleurs pas à aller voir Amadou et Mariam au Mali, notamment pour voir un de leur fils qui se lance dans la chanson. Le fils d'Amadou et Mariam est même à l'origine du morceau "Politic Amagni" que l'on retrouve sur Dimanche à Bamako. Il y rencontre aussi Tiken Jah Fakoly, avec qui il donne un concert au Brésil, dans la banlieue de São Paulo lors de la fête de la musique en juin 2005.
Continuant les tournées à travers l'Amérique du Sud, Manu Chao se produit tour à tour du Brésil au Mexique, en passant par Cuba et la Colombie. Durant l'été 2006, le chanteur et son groupe Radio Bemba traverse l'Europe et les États-Unis, en passant par le très célèbre festival Rock Werchter en Belgique ou par San Diego ou Los Angeles. Aux USA, le chanteur a largement critiqué la politique d'immigration des États-Unis et a rendu hommage aux émigrants clandestins, et cela devant un public largement hispanophone.
Par ailleurs, Manu a signé la bande originale du film Princesas de Fernando León de Aranoa. Le film a connu un large succès en Espagne, et a gagné trois Goya 2006 dont celui de la meilleure chanson avec « Me llaman calle » de Manu Chao.
Enfin, Manu Chao a composé une chanson "La vida es una tombola" du film d'Emir Kusturica, qui sous la forme d'un documentaire-reportage, traite de la vie de l'ex-joueur de football, Diego Maradona. Il a aussi écrit Le Rendez-vous pour Nicoletta.
Le 3 septembre 2007, Manu Chao a sorti son nouveau disque, nommé La Radiolina, en Europe et le 4 septembre 2007 en Amérique. Plusieurs soirées d'écoute de l'album ont été organisées dans les grandes villes américaines comme La Nouvelle Orléans, Chicago, Los Angeles ou encore New York tout comme dans certaines grandes villes françaises.
Ce nouveau disque est composé de pas moins de vingt-et-une chansons, on retrouve Manu Chao dans un style musical plus électrique, avec le jeu de guitare de Madjid Fahem, la batterie et la guitare de David (Bourguignon), la voix puissante de Gambeat, la trompette du sicilien Roy Paci. Ces derniers font, ou ont fait partie à un moment du groupe de Manu Chao, Radio Bemba, influençant largement, le nouveau disque vers une optique plus scénique, délaissant le style de Clandestino.
Le disque comprend des chansons en français, en espagnol, en italien, en anglais et en portuñol. On y retrouve Mala Fama déjà entendu dans des concerts et qui est déjà un hymne à Barcelone puisque repris par des artistes locaux; Mama Cuchara, écrite un jour de pluie à Quito (capitale de l'Equateur); Me llaman Calle, la chanson composée pour le film espagnol Princesas et dédiée aux prostituées de la "Calle del desengaño" de Madrid; Tombola, la bande originale enregistrée pour le film d'Emir Kusturica, Maradona; El Hoyo, un dub reggae enflammé déjà joué en concert; et Tristeza, une chanson qui dénonce la politique des Etats-Unis, sous les paroles de Beatnik de la Colifata (radio animée par des patients d'un hôpital psychiatrique de Buenos Aires). D'autres titres surprennent davantage comme 13 Dias, une chanson qui mélange le style country de J.J. Cale et l'influence latine et rock de Manu Chao, Bleedin Clown (l'histoire du clown qui saigne), un titre très vif et très nerveux, avec une musique tout droit sortie des années 80 et de l'époque de la Mano Negra, datant justement d'il y a 20 ans et qui reprend donc l'énergie de l'ancien groupe. Par ailleurs, on trouve dans ce disque des ballades telles que Otro Mundo, Mundo Revés ou enfin Amalucada Vida, un reggae latino en portuñol, un mélange de portugais et de castillan "espagnol".
Le premier single, Rainin in Paradize a été disponible en ligne sur le site officiel de Manu Chao durant plusieurs mois. Et, en plus de pouvoir écouter Rainin' in paradize, le fichier fut téléchargeable gratuitement sous le format MP3, dans une qualité sonore équivalente aux titres que l'on achète en ligne sur Internet.
Le chanteur a par ailleurs, déclaré dans l'éditorial du magazine Courrier International, sorti la dernière semaine de juillet 2007, « Il y a de fortes chances pour que La Radiolina soit mon dernier CD. Je n’arrêterai pas la musique, mais, vu l’évolution technologique, peut-être que, par la suite, dès que j’aurai une nouvelle chanson, je la mettrai en ligne. J’utiliserai mon site Internet comme une station de radio ». En faisant preuve d'une ouverture inédite pour un artiste aussi connu, Manu Chao serait donc prêt, après la sortie de La Radiolina, de faire désormais de la musique gratuite, diffusée sur internet, une vraie révolution dans l'univers de la musique, tout en faisant preuve d'un certain réalisme, « Que les gens piratent les “gros” comme moi, ça ne me gêne pas. Mais qu’ils fassent l’effort d’acheter la musique des petits labels" (…) "La solution ? Je ne l’ai pas. Je parie pourtant sur une certaine éthique du public ».
Enfin, son site internet, www.manuchao.net a été rénové pour l'occasion avec de nouveaux clips et une radio, La Radiolina, qui propose plus d'une centaine de titres d'artistes avec lesquels Manu Chao a collaboré. Pour les fans, ce site est évidemment la source de tout leur plaisir. Combien de temps Manu tiendra-t-il parole sur le fait de ne plus faire de disques ?
Achevé de rédiger le 24 août 2008
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