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Queen


Du milieu des années 70 au début des années 90, Queen a probablement été le groupe de rock le plus populaire au monde, atteignant régulièrement le sommet des charts avec ses tubes, de « Bohemian Rhapsody » à « The Show Must Go On », en passant par « I Want It All », « We Will Rock You » ou « We Are The Champions ». Comment cette bande de potes est elle devenu LE GROUPE QUEEN ?
Tout a commencé en 1968 lorsque 2 amis d'enfance, Brian May (guitare) et Tim Staffell (basse et chant) fondent Smile. Cherchant alors un excellent batteur, ils dispersent un peu partout des annonces dans le but de trouver celui qui ferait "le rythme de Smile". C'est alors qu'un certain Roger Taylor, étudiant, comme eux, à Londres les rejoint pour une audition. Brian et Tim ont instantanément repéré le côté professionnel de ce dernier.
Pendant ce temps, un certain Farookh Bulsara, étudiant en art vivant à Kensington, le quartier branché de Londres et ami de Tim Staffell fut invité à une répétition de Smile. Il devient alors proche du trio et qu'il rêve d’intégrer ; le poste de chanteur étant déjà occupé, il participe à plusieurs groupes sans lendemain (Ibex, Sour Milk Sea, Wreckage). Peu à peu, il se permet de donner des conseils qui finissent par agacer Tim (pourtant son ami) ; démotivé, ce dernier jette l’éponge début 1970. Farookh Bulsara rejoint alors les deux autres et bouillant d'inspiration décide de renommer le groupe Queen et se choisit pour nom de scène Freddie Mercury. Ce nom n'a pas été choisi par hasard, Queen étant au Royaume Uni le nom donné au personnage féminin chez les homo-Sexuels. De ce temps là, personne ne soupçonnait quoi que ce soit concernant l'orientation sexuelle de Freddie, celui ci vivant d'ailleurs une idylle avec une certaine Marie Austin ; Le trio commence à écrire les premières chansons de ce groupe qui deviendra légendaire.
Pour que Queen devienne réellement un groupe, il lui manquait un bassiste ; Brian, Roger et Freddie auditionnent pendant près d'un an plusieurs musiciens et fin février 1971, John Deacon, issu d’un groupe de reprises de soul, pop et de classiques Tamla Motown, est enfin recruté. Il sera d'ailleurs l'unique bassiste du groupe jusqu'à la mort de Freddie.
Dans un premier temps, à l’exception de Mercury, tous les membres du groupe poursuivent leurs études. Queen donne quelques concerts, répète beaucoup et finit par être repéré par des producteurs. Avant de signer, le 1er novembre 1972, un contrat avec le groupe, Trident met à la disposition de Queen des studios, alors fréquentés par le gratin mondial (Rolling Stones, Bowie, Elton John, Beach Boys, etc.). Seul inconvénient : les quatre ne peuvent en profiter qu’aux heures creuses, lorsque les studios sont inoccupés. L’enregistrement du premier album prend donc plusieurs mois. L’éponyme Queen paraît enfin le 13 juillet 1973. Malgré quelques bonnes critiques et d’excellents morceaux tels que le single « Keep Yourself Alive » – paru une semaine avant l’album ou « Liar », l’album passe relativement inaperçu. Le groupe enchaîne avec sa deuxième BBC Session  et reprend les répétitions en vue d’un deuxième album. Une tournée promotionnelle conduit les quatre musiciens sur le continent (France, Belgique, Pays-Bas), avant d’assurer la première partie de la tournée anglaise de Mott The Hoople. Entre temps, Queen profite d’une journée de repos pour enregistrer une troisième BBC Session. Pour la presse rock anglaise, le groupe constitue l’un des grands espoirs de la scène nationale ; déjà, commence à se former un public de fidèles. En février 1974, le groupe fait sa première apparition télévisée dans « Top of the Pops », avec « Seven Seas of Rhye » et le mois suivant, paraît le deuxième album, Queen II, qui atteint la cinquième place dans les charts.
La voie du succès semble s’ouvrir et les quatre musiciens s’envolent avec leurs amis de Mott The Hoople, pour assurer la première partie de leur tournée américaine. Brian May connaît en 1974, des problèmes de santé et le quatuor doit rentrer prématurément au bercail. (Plus tard dans l’année, le groupe devra renoncer à une tournée en Amérique, cette fois en tête d’affiche.) Plutôt que de se démonter, ils se lancent dans l’enregistrement d’un nouveau disque. Cette même année, John Deacon et Brian May sautent le pas en renonçant à l’enseignement pour se consacrer exclusivement à la musique. Sheer Heart Attack est commercialisé début novembre 1974. Précédé de la sortie du single « Killer Queen », qui atteint la deuxième place des charts, ce troisième album est alors leur meilleur. C’est surtout celui qui fait décoller la carrière de Queen, qui part alors pour une tournée à guichets fermés en Angleterre. Le groupe part ensuite à la conquête de l’Europe (à la notable exception de la France, où le succès n’est pas au rendez-vous), de l’Amérique (encore une fois interrompue, cette fois en raison d’un problème de laryngite de Freddie Mercury), et du Japon, où la popularité du groupe est à son comble. Queen conclut cette première tournée mondiale avec deux soirs au Budokan de Tokyo.
A son retour en Angleterre, Queen se lance dans l’écriture, la répétition (juin et juillet 1975), puis l’enregistrement (août à octobre) de leur chef d’œuvre absolu : A Night At The Opera. Un disque ambitieux, qui nécessite des moyens faramineux (le coût et la durée d’enregistrement de l’album dépassent ceux du très précieux Sergent Pepper des Beatles !) et requiert l’utilisation de plusieurs studios.  Freddie fait écouter Bohémian Rhapsody à un ami animateur radio, lui faisant promettre de ne pas la diffuser. Ce dernier se permet quand même de la passer une fois, deux fois, trois fois et ce n'est pas moins de quatorze fois que ce titre passa inlassablement sur les ondes en un week end ! Le succès du single est considérable,« Bohemian Rhapsody », premier single, devient le morceau phare, et demeure l’un des titres les plus célèbres de Queen. Quant à l’album, il sortira le 3 décembre 1975. Le groupe est alors propulsé pour de bon vers les sommets de la gloire.  Dès lors, Queen ne cessera de se produire devant un public toujours plus nombreux. Le 18 septembre 1976, 150 000 personnes se rendent au concert gratuit donné à Hyde Park ! La chanson Bohemian Rhapsody n'est pas pour rien dans cette popularité grandissante de Queen ;
Un an plus tard (le 10 décembre 1976), sort A Day At The Races, dont le titre, comme celui de son prédécesseur, est tiré d’un film des Marx Brothers. Pour promouvoir le disque, EMI prend le titre de l’album au pied de la lettre, organisant le 12 novembre une « journée aux courses » suivie d’une fête, sur le champ hippique de Kempton. Un événement qui inaugure une longue série de fêtes extravagantes, une « spécialité » du groupe. Ce même jour, sort « Somebody To Love », qui se classera deuxième. Quant à l’album, il atteint la première place en janvier 1977. Alors que la vague punk déferle sur le rock, Queen, dans un délire « contre-révolutionnaire » jubilatoire, affirme plus que jamais son goût du gigantisme et du faste. Les 6 et 7 juin, le groupe donne deux concerts dans le cadre officiel du Jubilé de la Reine Elizabeth II, alors que les Sex Pistols défient les autorités en donnant un mémorable concert – interrompu – sur la Tamise.
News Of The World paraît le 25 octobre 1977, précédé du 45 tours « We Are The Champions / We Will Rock You »Il se classe premier aux USA et en France, second en Angleterre. Le succès commercial de l’album est énorme et le groupe triomphe à nouveau lors d’une nouvelle tournée mondiale. Sans trop de répit, Queen enregistre son septième album, Jazz, et repart en tournée. Le 31 octobre 1978, pour fêter la sortie à venir de Jazz (10 novembre), Queen, alors à la Nouvelle-Orléans, organise à ses propres frais une énorme fête « décadente » pour les pontes d’EMI et Elektra, que des groupies « prennent en charge », afin de « satisfaire tous leurs désirs ». 400 invités, des fanfares, des combats de femmes nues dans la boue, des lancers de nains, des équilibristes, des strip-teaseuses : une démesure délirante et baroque à l’image du groupe lui-même, et de Freddie Mercury en particulier. L’album se classe 2e en Angleterre et demeure 27 semaines dans les charts. Issu de la tournée Jazz, paraît le premier enregistrement en concert : Live Killers, qui sort le 22 juin 1979 donne un bel aperçu de la déjà riche discographie du quartet, et surtout une démonstration des qualités scéniques qui ont fait la réputation du groupe.
Le 5 octobre, paraît « Crazy Little Thing Called Love », surprenant morceau de rockabilly évoquant clairement Elvis Presley, une idole de Freddie Mercury. Queen, alors au sommet de sa popularité, entre dans la nouvelle décennie sous le signe du changement et de la nouveauté, avec The Game, qui paraît le 30 juin 1980. Pour la première fois, le groupe utilise le synthé dans ses compositions explorant aussi de nouveaux horizons musicaux, à l’image du single funk « Another One Bites The Dust », qui est un hit d’envergure mondiale (n°1 en Argentine, en Espagne, au Guatemala, aux Etats-Unis, au Canada). Enfin, Freddie Mercury arbore un nouveau look portant à présent le cuir, la moustache et les cheveux courts, assumant de plus en plus ouvertement son homosexualité. Aux Etats-Unis, The Game se classe n°1 (une première pour Queen) et reste pendant 5 semaines au sommet des charts. Suivra une tournée américaine de 46 dates, que le groupe conclut avec quatre soirées au Madison Square Garden ! Dans la foulée, en octobre, le groupe finalise l’album Flash Gordon, bande originale du film sur laquelle il travaillait parallèlement à The Game. Flash Gordon paraît le 8 décembre 1980. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un véritable album, puisqu’il ne contient en fait que deux chansons. Néanmoins, le disque se vent bien, tout comme le single « Flash » qui en est extrait. A la fin de l’année 1980, Queen a déjà vendu 45 millions d’albums et 25 millions de 45 tours.
En 1981, Queen part pour l’Argentine et le Brésil où il est très populaire bien qu'il n'y a encore jamais joué. Un nouveau record mondial est battu lorsque 131 000 spectateurs se déplacent au stade Morumbi de Rio de Janeiro, concluant une tournée mondiale de près de 9 mois ! Ce n’est pas l’appât du gain qui pousse le groupe à aller jouer en Amérique du Sud, puisqu'avec le matériel mobilisé, le groupe perd 25 000 £ à chaque concert. En fait, comme le résumera plus tard Kurt Cobain dans sa lettre de suicide, Freddie Mercury « se délectait dans l’amour et l’adoration des gens. »
Parallèlement, en avril, paraît le premier album solo de Roger Taylor (Fun In Space). La collaboration avec Queen n'est pas terminée pour Roger mais il décide seulement de prendre un peu d'air et se retrouver au sein de mélodies quelque peu différentes. Le 26 octobre, Queen sort le single « Under Pressure », un duo avec David Bowie, qui se classe N°1. Pour fêter les dix ans d’existence de Queen, paraissent Greatest Hits (best of), Greatest Flix (qui contient tous les clips) et Greatest Pix (un album photo). Le best-of sera onze fois platine, et restera 500 semaines dans les charts !
Le 23 mai 1982, sort Hot Space, dixième album studio. Malgré de bonnes ventes, le groupe essuie un échec critique et déçoit ses fans. Plus tard, Brian May dira : « Je pense que Hot Space fut une erreur, ne serait-ce qu’au niveau du timing. Nous étions à fond dans le funk, proche de ce qu’a fait Michael Jackson avec Thriller quelque temps plus tard, mais c’était trop tôt ; de plus, "Disco" était alors un gros mot. » Le disque se classe tout de même 4e en Angleterre et se vend relativement bien par ailleurs, en raison de la popularité du groupe, mais aux Etats-Unis, c’est un flop. Au terme d’une tournée en Europe, en Amérique du Nord et au Japon, et après douze ans d’enregistrements et de concerts non-stop, le groupe annonce une pause : il ne sortira pas de disque et ne tournera pas en 1983. L’annonce ne manque pas de provoquer des rumeurs de séparation. D’autant que les musiciens en profitent pour se consacrer à leurs projets personnels. Freddie Mercury collabore avec son ami Michael Jackson (aucun disque cependant ne verra le jour). Avec Eddie Van Halen, Brian May édite en octobre 1983 un mini album de trois titres, Star Fleet Project. Quant à Roger Taylor, il travaille sur un nouveau projet solo.
En septembre 83, les membres de Queen se retrouvent après que le groupe ait quitté Elektra (son éditeur américain) et signé chez Capitol. Le nouvel album est très attendu : hormis le décevant Hot Space, le groupe n’a rien sorti de neuf depuis The Game en 1980… Début 1984, sort donc le single « Radio Ga Ga », qui se classe N° 1 dans 19 pays et 2e en Angleterre. En Angleterre, les critiques sont bonnes et l’album se classe n° 2. Aux Etats-Unis, en revanche, rien ne va plus, notamment à cause de l’abandon d'Elektra. Après les expérimentations de Hot Space, The Works, qui paraît début 1984, voit le groupe revenir à des sonorités rock plus familières aux fans. C'est un grand bouleversement pour Queen qui abandonne la mention "Nobody played synthetiser" alors visible sur tous les albums précédents. C'est l'arrivée du fameux « I Want To Break Free », dans le clip duquel les quatre membres du groupe sont travestis. En juin, sort le second album solo de Roger Taylor, Strange Frontier, qui se classe n°30. Queen enchaîne sur une courte tournée européenne en août et septembre. Parallèlement, Freddie Mercury sort son premier single solo, « Love Kills ». En octobre, Queen donne une série de concerts en Afrique du sud. Un choix qui vaudra de vertes critiques au groupe, accusé de cautionner l’apartheid sous prétexte qu’il ne boycotte pas ce pays. Le groupe édite, à l’occasion, un album live destiné au pays, dont les bénéfices sont reversés à une école pour enfants sourds et aveugles du Bophuthatswana.
L’année 1985 commence avec le festival Rock in Rio, où Queen, en tête d’affiche, se produit devant 250 000 spectateurs (d’autres estimations donnent le chiffre de 325 000) ! Pendant que le groupe parcourt le monde, le premier album de Freddie Mercury, Mr Bad Guy sort le 29 avril chez Columbia ; il atteindra la 6e place des charts. Le disque résume assez bien la personnalité du chanteur, entre une dance entraînante et des ballades mélancoliques et introspectives. Le 15 juillet 1985 reste considéré comme le sommet de la carrière de Queen. Organisé par Bob Geldof, le Live Aid est un concert à vocation humanitaire, qui se tient simultanément à Philadelphie et Londres et est diffusé dans le monde entier. Queen y donne, pendant la vingtaine de minutes qui lui est impartie, une prestation d’anthologie devant les 72 000 spectateurs de Wembley, qui fait taire les rumeurs de séparation… et relance les ventes de disques. En novembre, « One vision » vient s’ajouter à une longue liste de hits. En décembre, EMI sort le coffret The Complete Works (13 disques), reprenant tous les albums plus un disque inédit.
L’album A Kind Of Magic sort en juin 1986 et est constitué aux trois quarts de titres qui serviront de bande originale au film Highlander. Comme souvent, le disque est descendu par la critique mais connaît un grand succès commercial. Il donne également lieu à une tournée européenne apothéotique de presque trois mois (juin-août 1986), qui s’avèrera être la dernière. Avant le lancement de la tournée, Roger Taylor annonçait : « Ça va faire ressembler Ben-Hur aux Muppets ! » La tournée voit le groupe remplir deux soirs d’affilée le stade de Wembley les 11 et 12 juillet 1986. Le deuxième concert est d’ailleurs suivi d’une sauterie où les hôtesses sont nues, et où le groupe jamme avec Gary Glitter et Samantha Fox ! Le 27 juillet, Queen se produit au Népstadion de Budapest : c’est le premier groupe de rock à être venu jouer en Hongrie. Freddie Mercury y interprète même un titre du répertoire folklorique hongrois : « Tavaszi Szel Vizet Araszt ». Enfin, la tournée s’achèvera le 9 août à Knebworth, devant une foule de 120 000 spectateurs. De cette tournée, sera tiré le Live Magic, qui sort en décembre 1986 et atteint la 3e place, restant classé 40 semaines. Avec l’année 1986, c’est aussi une époque qui s’achève. Celle d’un groupe enchaînant depuis 15 ans, presque sans répit (si l’on oublie l’année sabbatique 1983), albums et tournées des stades dans le monde entier.
En 1987, le groupe s’octroie une nouvelle année sabbatique. Freddie Mercury en profite alors pour sortir le single « The Great Pretender », une reprise des Platters. Il collabore avec la chanteuse d’opéra espagnole Montserrat Caballé, avec qui il enregistre « Barcelona » (octobre 1987, se classe 8e) qui deviendra l’hymne officiel des Jeux olympiques d’été de 1992. La collaboration donne même lieu à un album, également intitulé Barcelona, qui sort en octobre 1988 et se classe 25e. Fin 1987, le chanteur commence à évoquer le sujet du SIDA, même s’il se dit séronégatif. C’est aussi à cette même époque qu’il change de look et se rase la moustache. De son côté, Brian May surpris par les tabloïds en flagrant délit de relation extraconjugale se change les esprits avec de nombreuses collaborations. Quant à Roger Taylor, il monte un nouveau groupe, The Cross, pour lequel il sera... guitariste et sort un album (Shove It) en janvier 1988.
Cependant, en 1987 et 1988, les membres de Queen se retrouvent régulièrement, préparant le nouvel album. The Miracle sort en mai 1989, précédé du hit « I Want It All ». Au grand dam des fans, le groupe annonce qu’il ne tournera pas pour cet album, ce qui nourrit les rumeurs au sujet de l’état de santé du chanteur, qui paraît amaigri. Freddie décide donc de contrer cette rumeur pour ne pas décevoir ses fans et lance le tournage de clips sur le train "Miracle Express" (qui deviendra LE TRAIN de l'album Miracle)  alors qu'il fonce à vive allure. Fin 1989, sort Queen At The Beeb, qui inclut les enregistrements de deux des passages du groupe à la BBC en 1973. L’album atteint la 67e place et ne reste classé qu’une semaine. En mars 1990, Roger Taylor sort un nouvel album de The Cross, qui ne connaît pas un grand succès. Par ailleurs, le contrat de Queen aux USA avec Capitol prenant fin, le groupe signe avec Hollywood Records.
Freddie semble fatigué, les 3 autres doivent s'adapter à sa nouvelle vie. Pourtant, rien ne laisse apparaître sa maladie lorsqu'il décide de tourner des clips de plus en plus farfelus. Brian May conscient de l'état d'avancement de sa maladie demande à ce que certains clips du prochain album soient tournés en noir et blanc pour quelque peu dissimuler ce cauchemar, pourtant bien réel.
14 janvier 1991, parait le single « Innuendo », tiré de l’album éponyme qui sort le mois suivant. L’album, comme ses prédécesseurs, donne lieu à une flopée de singles. Entre temps, Freddie voulait exploiter au maximum ses moindres capacités et demanda aux autres de le faire chanter. "Faites moi chanter n'importe quoi mais faites moi chanter". C'est alors que Roger, John et Brian élirent domicile dans le studio de Montreux histoire de rester disponibles à la moindre venue de Freddie. Pris de cours pour l'écriture et la composition de nouveaux titres, Queen travailla, enfin, retravailla des titres comme "Too much love will kill you" extrait d'un album solo de Brian May qui sortira un an plus tard mais qui était déjà presque achevé ; de la même façon le titre "Heaven for everyone" de "The Cross" (groupe de Roger Taylor) fut retravaillé et quelques autres titres de Freddie lui même. Une nouveauté notable pour le travail de cet album, Freddie enregistre sa voix en premier s'appuyant uniquement sur quelques notes de piano et de boite à rythme. En effet, lui qui exigeait de poser sa voix lorsque "tout était fini" savait qu'il n'aurait jamais le temps d'attendre, son état de santé se dégradant jour après jour. Le 23 novembre 1991, il adresse un communiqué à la presse dans lequel il reconnaît être porteur du virus HIV. Il décède le lendemain d’une pneumonie aggravée par le SIDA. L'album "Innuendo" est un succès considérable pour le groupe et le single "The show must go on" prendra alors tout son sens, ce dernier semblant être écrit tel un épitaphe. Sur cet album n'apparaissent pas tous les titres travaillés récemment.
L’annonce du décès du chanteur de Queen a pour conséquence la relance des ventes d’album du groupe : Greatest Hits devient alors l’album le plus vendu de tous les temps ; Greatest Hits II paru en octobre 1991 est un énorme succès commercial ; en décembre, 10 albums de Queen sont classés dans le Top 100. Le 25 novembre paraît également le premier single solo de Brian May, qui se classe à la 6e place. Le guitariste voulait en retarder la parution, mais Freddie Mercury l’incita à le sortir : « Laisse sortir ton disque. Quelle meilleure publicité pourrais-tu obtenir ? » Ce qui résume assez bien la personnalité du chanteur  et jusqu’au bout ; l’ironie, l’autodérision et la primauté donnée à la musique résumaient bien ce qu'était Freddie Mercury.
Le 12 février 1992, Brian May et Roger Taylor reçoivent un British Award pour le meilleur single de 1991 (« Days Of Our Lives »), ainsi qu’un autre, posthume, pour Freddie Mercury. Ils annoncent alors la tenue, en l’honneur de leur ami défunt, d’une « grande fête dans l’esprit de celles qu’il aimait tant ». Le concert a lieu le 20 avril 1992 dans un stade de Wembley comble, et réunit les plus grands noms du rock et de la pop : Robert Plant (Led Zeppelin), Roger Daltrey (The Who), Axl Rose et Slash (Guns’n’Roses), Elton John, David Bowie, George Michael, Annie Lennox (Eurythmics), Liza Minelli… Les recettes du concert sont reversées au Mercury Phoenix Trust, association de lutte contre le SIDA, créée à l'occasion.
Le 25 mai 1992, sort le double album des concerts de Wembley issus du Magic Tour de 1986. En novembre, EMI édite The Freddie Mercury Album, une sorte de « best of », qui se classe 4e. Quant au remix dance de « Living On My Own », qui sort en juillet 1993, il sera l’un des tubes pop de cette année. Fin 1992, Brian May fait paraître son premier album solo, Back To The Light. Roger Taylor, qui a dissous The Cross, sort également un album solo, intitulé Happiness, en 1994. Mais surtout, depuis 1993, les trois « survivants » travaillent ensemble sur un projet de nouvel – et dernier – album de Queen, notamment à partir des derniers enregistrements de Freddie Mercury. Le disque paraît le 6 novembre 1995 et s’intitule Made In Heaven. On y retrouve des reprises citées précédemment "Heaven for everyone", "Too much love will kill you" etc mais également quelques inédits dont "A winter's tale" ou encore "Let me live". Cet album sera jugé comme "puant le commercial" mais restera néanmoins une belle preuve de solidité entre les membres du groupe jusqu'aux dernières heures de Queen.
Avec plus de 150 millions de disques vendus par le monde, Queen demeure l’un des groupes les plus populaires de l’histoire du rock. Un groupe marquant, également, par sa démesure, dont les chiffres rendent vaguement compte : environ 700 concerts en 16 ans, 1422 semaines de présence dans les charts des albums anglais (record qui les classe devant les Beatles, Elvis, U2, etc.) comptabilisées jusqu'en 2005, des concerts attirant des dizaines – voire des centaines – de milliers de spectateurs. Queen aura d’ailleurs joué sur tous les continents, y compris dans des pays parfois « délaissés » par les groupes de rock, comme l’Afrique du Sud (alors que l’apartheid régnait) ou l’Europe de l’Est (encore communiste). « Bohemian Rhapsody » est souvent citée dans les sondages ou palmarès critiques comme l’une des meilleures chansons du XXe siècle, quand ce n’est pas comme LA meilleure. Quant à « We are the Champions »;, elle a été élue plus belle chanson de tous les temps dans 160 pays (source : site français de Wikipedia). Sur le plan plus strictement musical, Queen frappe par son éclectisme. Dans sa discographie, on trouve en effet aussi bien du hard rock (« I’m In Love With My Car ») et du heavy metal (« Stone Cold Crazy »), de la pop (« A Kind Of Magic »), du funk/disco (« Another One Bites The Dust »), du gospel (« Let Me Live »), du rockabilly (« Crazy Little Thing Called Love »), du punk (« Sheer Heart Attack »), entre autres. Cet éclectisme réside en fait dans les sensibilités musicales des différents membres du groupe : John Deacon et Freddie Mercury représentent le versant pop, le premier avec un penchant pour les musiques « noires » américaines (funk, soul, disco), le second pour le rock et le rythm’n’blues des années 50, ainsi que pour les ballades ; Roger Taylor et Brian May représentent plutôt le versant rock, voire hard rock, qui s’atténuera peu à peu dans les années 80. Enfin, avec son goût de l’autodérision, son image foncièrement sympathique, loin du hard rock pompeux, fier et macho des années 70 et 80, Queen est resté à l’abri des critiques des générations punk et grunge, forçant même l’admiration de Sid Vicious ou de Kurt Cobain. Par les audaces des compositions ou du chant, le groupe a eu une influence sur des artistes aussi divers que Mr Bungle, Metallica, Ween, The Smashing Pumpkins, Extreme ou encore Robbie Williams. Michael Jackson, qui était proche du groupe au début des années 80 a même cité l’album Hot Space comme l’influence majeure de son album Thriller. Queen restera simplement un groupe inoubliable et encore écouté par des générations de fans qui n'auront pour certains jamais connu Freddie Mercury de son vivant.
Quelques années plus tard, Queen décide de se reformer pour une série de concerts avec un nouveau chanteur. C’est Paul Rodgers (ex-Free), qui rejoint Brian May et Roger Taylor. John Deacon s’abstient d’y participer, car pour lui avec la mort de son chanteur, le groupe n’a plus lieu d’être. Une tournée mondiale (Europe, Amérique du Nord et Japon) est organisée sous le nom de Queen & Paul Rodgers. Le groupe joue une majorité de titres de Queen, ainsi que quelques morceaux de Free et Bad Company, les groupes du nouveau chanteur. En septembre 2005, paraît un double live : Return Of The Champions, édité en CD et DVD.
 

achevé de rédiger le 1/10/07

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